2ème séance. – Le donateur et ses archives : un rapport complexe 1


Dans ce 4ème billet, de la série consacrée à la journée d’étude Le don : pratique renouvelée des archives privées organisée par les étudiants du Master 2 Histoire et Métiers des archives de l’Université d’Angers et l’AEDAA, vous trouverez le compte rendu de la 2ème séance intitulée « Le donateur et ses archives : un rapport complexe ».

Quelques remarques liminaires sur la nature des tweets qui vont suivre sont accessibles ici.

Afin de faciliter la lecture de ces traces, j’ai fait le choix  de n’afficher que le contenu des tweets, sous forme de liste, en retirant les éléments de forme (hashtag, horodatage, plateforme, pseudo, image). Néanmoins pour les tweets introduisant les différents intervenants sont affichés dans leur intégralité.

« Les raisons des donateurs » par J Perot, président de l’Association française pour la protection des archives privées (AFPAP) #jedon11Fri Feb 11 11:20:57 via TweetDeck

  • don : familles ont conscience que leur identité familliale est en jeu, fantasme du cadavre dans le placard notamment
  • classement du fonds par le donateur, sans prise de conseils => risque d’éliminations regrettables
  • archives privées, problématiques : défiance vis à vis des héritiers, tentation de partage du fonds
  • prêter ses archives privées aux AD pour une communication sécurisée en salle de lecture
  • propriété d’archives familiales : jurisprudence met en avant la notion de propriété collective (un des membres étant dépositaire)
  • archives familiales : en cas de désaccord sur le dépositaire, c’est le juge qui désigne le plus apte
  • choix du bénéficiaire du don dépend essentiellement de la confiance accordée à l’institution

« Don aux Archives nationales des archives Jean Zay : cheminement d’une décision » H Mouchard-Zay, dir. du CERCIL #jedon11Fri Feb 11 11:45:14 via TweetDeck

  • A sa demission, les papiers de Jean Zay sont rassemblés par son directeur de cabinet, Marcel Abraham
  • D’autres papiers vont être transférés de l’appartement parisien vers celui de son père en province
  • Sa femme a sorti quelques papiers écrits en prison, caché dans le landau
  • Sa femme souhaite témoigner à 3 procès (Pétain ; héritiers de Philippe Henriot ; un des assassins de Jean Zay)
  • Tous ces documents, plus de la correspondance, a formé le fonds Jean Zay
  • Un certain nombre d’informations contenues dans ces documents sont « codées » : la tante Ida, représente le Royaume-Uni
  • difficultés pour les descendants de prendre en charge le fonds car nécessite en premier de parcourir les documents
  • descendants comprennent la nécessité d’inventaire pour pallier les risques de vol par lecteurs
  • descendants comprennent la nécessité de donner à un serv. d’archiv pr pallier le risque de démembrement du fonds (4 petits-enfants)
  • le donateur a besoin de sentir la reconnaissance de l’archiviste vis à vis des documents et de la démarche
  • lors d’un entretien antérieur, un archiviste avait eu pour seule question : combien de ml ? Les donateurs avaient alors coupé court
  • 1er versement : seuls les documents relatifs aux fonctions publiques sont concernés. Facilite l’opération
  • L’archiviste a entretenu une vrai relation durable : le don de l’ensemble des documents s’est petit à petit imposé aux donateurs
  • l’unité du fonds est finalement primordiale pour les donateurs qui reconnaissent qu’il témoigne de l’engagement entier de leur père
  • importance de retirer le poids qu’aurait représenté pour un des petits-enfants, la charge d’une partie du fonds
  • les donateurs ont imposé que les archives soient inventoriés dans l’année. L’archiviste a respecté ses engagements
  • dernier engagement des AN : numériser les « derniers » papiers personnels (photos, cahiers…)
  • les donateurs ont transférés la charge de la conservation des archives qui relève désormais de l’intérêt national
  • « les AN ont obtenu le fonds parce qu’elles ont fait sentir que ça les intéressaient prodigieusement »

#jedon11 « [Bénédicte Grailles] « Quand je fais un don, c’est un plaisir que je me donne » : quelques réflexions à l’usage des archiv… (cont) http://deck.ly/~yksgpFri Feb 11 13:47:03 via TweetDeck

  • pour justifier le don, mise en avant de l’encombrement, mais aussi encombrement mémoriel
  • dimension émouvante du don
  • mise en ordre du fonds, avant don, pour mettre en adéquation avec sa propre image
  • classement du fonds, avec ce que le donateur pense être l’attente du lieu d’archives
  • les voeux des générations passées sur le fonds ne peuvent être suivis que si le fonds est déjà classé ou peu volumineux
  • la remise des papiers s’accompagne d’un récit de vie. Témoigne de l’éthos du donateur.
  • par le récit de vie, le donateur tente de contrôler une dernière fois le travail à venir de l’archiviste
  • beaucoup de donateur ont une sensibilisation et un rapport à l’histoire qui influence leur comportement
  • « le don donne un quitus pour solde de tout compte » (donatrice du Centre des archives du féminisme)
  • le collecteur fixe le « prix » du don en l’acceptant
  • associer un nom au fonds est un contre-don : cas des fonds de cabinet d’architecte qui sont nommés par celui de l’arch.
  • avec le don, le fonds passe de la sphère privée à la sphère publique. Il entre dans un lieu qui le légitime
  • donateur et collecteur ne parlent pas toujours un langage commun
  • dans le don, le respect des règles archivistiques n’intervient pas dans la confiance accordée par le donateur

« Après le don, les relations entre archivistes et donateurs » par Magali Lacousse, conservatrice du patrimoine aux Archives nationales.#jedon11Fri Feb 11 15:08:14 via Tweet recréé a posteriori pour le besoin de cet article

  • le don entrainant un transfert de propriété, une relation doit-elle perdurer entre donateur et collecteur ?
  • le don anonyme : sans contexte ! exemple de la presse collaborationniste
  • comment le donateur prévient qu’il est mort lorsque la communicabilité est conditionnée à sa mort ?
  • difficile de faire passer un 140 caractères les idées pleines d’humour et de malices de Magali Lacousse
  • archiviste chargé d’un devoir de mémoire par le donateur
  • restrictions sur la vie privée et les jugements de valeur rejoignent les dispositions des archives publiques
  • les donateurs-historiens apportent conseils, récits supplémentaires
  • le donateur-archiviste qui coopère au classement : parfois il est le seul à pouvoir identifier les documents
  • l’archiviste doit s’avoir être modeste dans le classement d’archives privées
  • souvent le donateur privilégie un répertoire analytique détaillé : le seul qu’il considère comme valorisant
  • certain donateurs oublient, de bonne foi, l’aspect définitif du don ! exemple : volonté de reprise pour écrire mémoires
  • conditions de réussite : bon relationnel dès le 1er contact, intérêt réciproq et raisonnable pour les archiv, classement rapide
  • parfois les AN n’ont pas publié le nom des donateurs ou déposants
  • les archivistes sont les charognards lorsqu’ils suivent les avis de décès
  • la lettre de don, et ses conditions de comm, sont antérieures au classement. Parfois nécessite un ré-examen des conditions
  • les restrictions dans une lettre de don sont-elles juste un accord moral ?

La suite, demain.


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